Selon la dernière étude de l’observatoire cloud du cabinet IDC, la crise sanitaire de 2020 va entrainer une réduction de 3,7% des investissements en France. Ainsi, les DSI vont devoir rationnaliser le portefeuille de projets IT et réduire les coûts de gestion opérationnelle tout en sanctuarisant les projets stratégiques.

Toutefois, les dépenses en infrastructures informatiques devraient encore augmenter globalement de près de 4% sous l’effet de la demande des entreprises en matière de services cloud : l’IDC estime que le cloud sera le segment le plus dynamique en 2021, avec un marché en croissance de plus de 10%.

En effet, afin de faire évoluer leur SI au rythme de leur développement à court et long terme, les entreprises adoptent des stratégies de digitalisation agiles et performantes. Pour cela, le cloud est l’un des leviers les plus adaptés. Une enquête menée par Markess International sur 85 entreprises indique que 37% des DSI estiment que le ROI de l’externalisation de leurs infrastructures IT dans le cloud est supérieur à celui procuré par l’infogérance, l’hébergement et les services managés traditionnels.

Mais si le cloud présente des avantages, il est aussi primordial de s’assurer de la sécurité, de la stabilité et de l’efficacité des services externalisés.

 

Les bénéfices

Coûts optimisés :

En externalisant son infrastructure IT et ses applications, l’entreprise s’affranchit de l’investissement dans des équipements et logiciels coûteux ainsi que des coûts liés à leur maintenance.

Flexibilité :

Le principe de paiement à l’usage (abonnement mensuel ou services facturés à la demande) dans l’externalisation de type Cloud permet à l’entreprise de répondre à des besoins temporaires ou à des pics d’activité de façon très réactive. Cela permet également de maintenir infrastructures et logiciels à niveau en diminuant les investissements conséquents de type CAPEX.

Services et matériels de qualité :

Les fournisseurs de service du Cloud offrent aux entreprises l’opportunité de bénéficier de l’automatisation et de l’industrialisation de leurs process. Ils les font aussi profiter des toutes dernières technologies sur les outils et applications. La mise à niveau des outils est généralement automatique, le risque d’obsolescence disparaît.

Accessibilité :

Le cloud permet de ne plus dépendre d’un lieu géographique, d’un matériel ou d’un système d’exploitation. Toutes les données sont entièrement centralisées et accessibles à distance.

Gain de ressources au service de l’innovation :

En optant pour l’externalisation, les entreprises ne consacrent plus autant de ressources au développement et à la maintenance de leur système et peuvent allouer plus de moyens à leur cœur de métier et à l’innovation.

 

Les risques

Dépendance vis-à-vis du prestataire :

Une externalisation peut rendre l’entreprise dépendante de ses fournisseurs. En effet, l’externalisation nécessite d’acquérir de nouvelles compétences pour maîtriser la relation avec le prestataire : connaissance des modèles de services et des modèles de déploiement (Cloud public, Cloud privé, Cloud hybride…), connaissances en analyse de risques et en cybersécurité, maîtrise de l’audit et du pilotage de prestataires, capacité à conduire une stratégie de mise en œuvre…

Hébergement des données :

Les données peuvent se retrouver hébergées sur différents sites géographiques chez différents prestataires. Les risques sont importants en cas de crise économique, politique ou sanitaire dans les pays dans lesquels les prestataires se trouvent : perte d’accès physique et à distance aux équipements, perte d’accès aux données des applications…

 

Les bonnes pratiques

Les risques peuvent être maîtrisés en respectant les « bonnes pratiques » de l’externalisation.

Définir ses besoins :

Il est indispensable d’identifier en amont les activités concernées par le projet d’externalisation et de définir clairement les besoins de chacune. Ces besoins doivent ensuite être formulés de façon très précise dans le contrat de service avec le prestataire.

Choisir le ou les prestataires adaptés :

L’entreprise doit s’assurer que le prestataire envisagé dispose des compétences techniques et des pratiques de support client adaptées aux besoins de l’entreprise. Elle doit également être vigilante sur le pays d’hébergement des données afin de garantir leur sécurité en conformité au RGPD.

Faire évoluer son organisation afin de maîtriser la relation prestataire :

Il est important de conserver un regard sur la manière dont est géré le service externalisé et d’adapter son organisation à cette nouvelle activité. A court terme, il est donc nécessaire d’acquérir les compétences requises pour la gestion d’un service externalisé, tout en offrant des opportunités d’évolution aux équipes internes. Que ce soit en termes de compétences ou de culture, l’externalisation amène une transformation de fond des activités qui suppose de :

  • Allouer les ressources techniques et humaines en interne pour garantir la bonne adéquation entre l’offre du prestataire et les besoins fonctionnels et techniques de l’entreprise.
  • Mettre en place des indicateurs de mesure de performance fournisseur (disponibilité du service, temps de réponse, niveau de sécurité, qualité du service…).
  • Ré-évaluer régulièrement la stratégie de sourcing en fonction de l’évolution des besoins fonctionnels et techniques et des indicateurs.

Maîtriser les risques de l’accès à distance :

L’implémentation de passerelles sécurisées dédiées à l’accès au service externalisé et à la télémaintenance est incontournable.

 

Conclusion

La crise sanitaire a permis aux entreprises les plus digitalisées de réagir de façon plus réactive que les autres (télétravail, échanges fournisseurs/clients/administration, données accessibles à distance…).

De ce point de vue, et si besoin en était, elle a été un puissant révélateur de l’importance de la digitalisation. Pour les entreprises qui décident d’engager ou d’accélérer cette transformation maintenant, l’externalisation de certains services IT est une opportunité pour aller plus vite. A condition que les bonnes pratiques soient adoptées.

 

Rédigé par : Pauline CLEMENTI, Irène DEQINGQUZHEN et Marie MONBEIG

 

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